Quand j’étais inspecteur des impôts…

A la fin de mes études, je suis devenu inspecteur des impôts. J’ai été affecté à la brigade de vérification de Saint-Sulpice. C’est comme cela que je suis arrivé à Paris en 1985. Comme je suis un homme passionné, même dans l’administration, je me donnais à fond dans mon travail. J’avais les clefs de l’immeuble et j’allais même travailler le dimanche !

… j’ai créé le logiciel STAR pour l’administration,

J’adorais tout ce qui avait un rapport avec les mathématiques ou les statistiques. Grâce à la formation très poussée que j’avais suivie, notamment en classe préparatoire, j’ai pu créer un logiciel de statistiques (en 1988/1989) pour l’administration fiscale. Je souhaitais améliorer certaines procédures grâce à ce logiciel, notamment en offrant des explications simples des mots compliqués utilisés dans l’administration. Baptisé STAR (Statistiques sur les Redressements), il donnait aux non-initiés la définition des termes « paramètre de position », « variance » ou « écart type ». Pour bien expliquer un mot, il faut l’avoir bien compris, et pour cela, ma formation m’a beaucoup servi, car je m’y connaissais très bien en probabilités, paramètres de position et paramètres de dispersion. Mon logiciel a rencontré tant de succès qu’il a été distribué dans toute la France ! C’était un très beau produit, mais je ne sais pas s’il est encore utilisé.

… et j’ai osé demander une augmentation

Après plusieurs années en tant qu’inspecteur des impôts et fort du succès de mon logiciel, j’ai naïvement demandé une augmentation. Mais le supérieur hiérarchique auquel je me suis adressé m’a expliqué que la seule possibilité pour me remercier et m’encourager était de m’écrire une lettre de félicitation pour mon dossier. Alors en quelques secondes, j’ai pris la décision de partir. Je lui ai tapé sur l’épaule et je lui ai dit que c’était fini ! J’ai quitté l’administration trois mois après cet entretien, le temps de faire mon préavis.

De toutes manières je n’aimais plus mon travail. J’étais inspecteur des impôts à la brigade de vérification, j’allais chez les gens pour examiner leur comptabilité. Ca me faisait de la peine car je n’aimais pas faire cela, j’avais des maux de ventre tous les matins en allant au travail. C’est pourquoi j’ai peu hésité avant de prendre ma décision.

Le problème à la suite de cela, c’est que j’ai dû rembourser l’école nationale des impôts de Clermont-Ferrand car je n’avais pas effectué les sept années de travail qui étaient exigés après la formation. Il me manquait deux années pour cela, mais je ne sentais plus capable de continuer à être inspecteur des impôts. Ils m’ont donc demandé de rembourser 96 000 francs (8 000 francs par mois pour l’année passée au sein de l’administration) ce qui était énorme ! Mais je suis parti quand même.

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